Josephine-Colvert_stream2

Andrew ? (Alexandre & Florentine Lamarche-Ovize)

ENGLISH VERSION BELOW

IMG_1369 IMG_1361

Dans un coin pas trop poussiéreux, Andrew avait déposé ses bagages et s’était déshabillé. Autour de lui chacun était occupé et personne ne l’avait remarqué faire un tour rapide de l’atelier, nu. Il s’était accoudé ainsi, dans le plus simple appareil, à l’un des établis, où un homme barbu, du genre gourou corpulent, façonnait avec l’air contrarié mais viril de ne pas sentir son affaire, une chope en terre et une paire de dés sur un tapis. Andrew était modèle, comme il l’expliquait, il ne savait pas si on l’avait entendu le préciser en arrivant, mais peu importe maintenant tout le monde le savait, n’est-ce pas ? Il en avait alors ri de bon cœur et fait tomber le petit boudin de terre qu’il pétrissait machinalement et qui avait roulé sous une autre table, entre les jambes d’un grand type appliqué à l’édification d’un château sans porte. Dans la salle, une grande blonde au type nordique modelait le corps d’une femme enceinte entourée d’un serpent, un homme regroupait en silence des masques de la comedia dell’arte et dans un coin, une femme en tenue de dominatrice s’occupait d’un petit tronc d’arbre. Andrew s’était approché de cette dernière. Assis sur un tabouret, il s’était amusé à mélanger du bout des doigts des terres de couleurs différentes et ceci faisant, il avait confié son désarroi à la jeune dominatrice. Ce couple d’artistes, qu’attendaient-ils d’eux ? Et lui, pour quelle raison l’avoir invité si personne n’avait besoin de lui ? S’agissait-il d’un malentendu ? Son livre avait eu un certain succès, son site internet marchait bien, en tapant art model andrew, on le trouvait facilement, mais cela ne suffisait pas à expliquer pourquoi on l’avait fait venir ici. Cherchaient-ils à profiter de sa notoriété ? Disant cela, il était arrivé, il s’en souvient, à obtenir un joli dégradé de nuances entre la terre verte et la blanche, dont il avait été assez content.

 

Chaque matin, dans l’indifférence générale, Andrew se mettait nu. Il prenait encore quelques poses machinales et obsolètes, sans qu’on le lui ait demandé, comme pour solliciter une vaine inspiration. Le reste du temps, il arrangeait de petites chutes de terre, sans but particulier, en appliquant les techniques d’assemblage qu’il avait pu observer. Il avait cru comprendre que certains travaillaient ensemble et que d’autres avaient en commun un hobby ou une activité culturelle à l’extérieur de l’atelier. De ce fait, semblait-il, certains groupes abordaient la céramique d’un point de vue introspectif ou symbolique, alors que d’autres exploraient davantage les propriétés du matériau dans le façonnage adroit d’objets du quotidien, objets qui n’étaient pas utilitaires pour autant, malgré l’usage courant de la céramique à cette fin, car ils étaient volontairement disproportionnés, trop petits ou trop grands, ce qui leur conférait plutôt un statut d’image ou de souvenir. Le jour du groupe des espaces verts, Andrew, inspiré, avait choisi de prendre une pose allongée dans laquelle il était à l’aise, tant et si bien qu’il avait sombré sans s’en rendre compte dans un profond sommeil. Il avait dormi si longtemps, qu’il s’était même souvenu avoir rêvé qu’il était en Suisse, dans la région du lac Léman et que depuis une terrasse, il peignait sans relâche quantité de paysages pathétiques. Il ne peignait pas seul. Ils étaient trois associés, lui-même, mais il n’était pas Andrew, il s’appelait Marcel Ordinaire, un autre, qui s’appelait Chérubino Pata, et un troisième qui n’était autre que le célèbre peintre Gustave Courbet, dont l’aspect général, tellement il était enflé, était plutôt celui d’un tonneau. Tous les trois peignaient dans un style rigoureusement identique. Ensuite, il n’était plus sur la terrasse, mais dans une cave, on parlait de la venue imminente d’inspecteurs du fisc et on se mettait à remplir l’un des trois vases de la cave d’un grand nombre d’œuvres, 140 au total. Les inspecteurs arrivaient, visitaient les lieux, on les invitait alors à tirer au guillon de ce même vase et ô divine surprise, il en jaillissait l’un des meilleurs breuvages de la région. Les inspecteurs trop heureux de cet accueil s’en allaient bredouilles. Le petit groupe avait astucieusement relié au guillon un petit tuyau qui plongeait dans un tonneau de plus petite taille.

 

Puis cela avait été au tour des artistes de venir, par plus petits groupes mais pas moins amateurs que les précédents en matière de céramique puisque tous la pratiquaient pour la première fois. Andrew n’avaient pas manqué de se laisser aller à ses causeries habituelles, constatant rapidement que les artistes n’avaient pas plus besoin de lui que les autres. D’habitude il ne parlait pas, il restait de marbre, si on lui passait l’expression, mais ici — il venait, tout en parlant, de repérer de loin un nouveau sac de terre — mais ici, les instructions étaient floues, comme il était en train de l’expliquer, penché sur l’épaule d’une jeune femme imperturbable, occupée à la découpe de grands morceaux de carton qui lui serviraient à la conception d’une maquette de four à céramique. Sans attendre un commentaire sur le sens de ce projet pour le moins tautologique, Andrew s’était déjà rendu à l’autre bout de l’atelier, ettoujours nu, poursuivait son monologue, sous le nez d’une artiste toute crade, assez agitée, qui elle, manipulait de la terre très humide qu’elle avait mélangé à du coton et qu’elle essayait à présent, avec l’aide d’Andrew de fourrer dans des espèces de paillasses à chapeaux, puis dans une vieille paire d’espadrilles roses. Tout en plaçant avec elle le dernier boudin de gadouille fagotée sur un chariot de golf, Andrew se remémorait une caricature, qu’il avait trouvée dans un livre, dont le titre était Die Entstehung aus dem Urschlamm, en français, L’Apparition de la vie à partir de la fange originelle, elle datait de 1829 ou de 1830, il ne savait plus. Il en fit part à l’artiste crottée. C’était un dessin de Johann Christian Lotsch, un sculpteur qui avait fait le portrait du cercle de ses amis artistes. Il fallait s’imaginer cinq créatures antédiluviennes — Andrew s’était alors accroupi par terre singeant des êtres primitifs aux allures de batraciens et se mimait recouvert tantôt de poils tantôt d’une sorte de carapace de tortue — à têtes d’hommes — il fit une affreuse grimace — des célébrités de l’époque, dont le peintre Turner, assises sur leur arrière-train, dans une flaque. La Naturphilosophie était en vogue à ce moment là et la farce portait sur le jeu de mot entre Urschleim, l’apparition de la vie à partir d’une gelée originelle, transformée ici en boue primitive, Urschlamm. Andrew s’était relevé en s’époussetant. Il y avait un peu de cela ici, non ? L’artiste, qui avait fini son espèce de momie en gadoue, était en train de se laver les mains, les bras et le reste. La caricature était destinée à célébrer avec humour ce petit cercle en lui conférant une longévité et une fertilité extraordinaire, voulait-il encore ajouter lorsqu’il avait entendu claquer la porte d’entrée. L’artiste était partie. Le reste de cette journée, il s’était isolé avec un morceau de cette nouvelle terre qu’il n’avait pas encore foulé des doigts.

 

Les trois semaines suivantes avaient été fort calmes et très douces. Cela relevait en partie du fait de la présence sur cette période d’une artiste douée de propriétés relaxantes qu’Andrew, qui croyait aux signes, reçu comme un bienveillant et généreux cadeau de la nature pour le remercier de son courage et de son endurance, et lui donner la force de poursuivre cette résidence. L’artiste régénérante travaillait à une sorte d’allégorie d’elle-même — comme le lui avait fait remarqué le nouvel Andrew, tout illuminé et relax, en proie à diverses révélations intellectuelles — un petit rocher tourmenté, capteur et retransmetteur d’énergie cosmique que les lettrés chinois avaient l’habitude de placer dans leur cabinet de travail pour méditer, réfléchir ou créer. Parfois Andrew ressentait l’atelier vide. Il finissait alors une phrase trop longue et levait le nez de son occupation ou de sa pose et constatait qu’elle avait disparu. Seules les nombreuses petites crottes de terre toutes fraîches qu’elle laissait derrière elle en travaillant l’assuraient de sa tangible existence. Il la retrouvait un peu plus tard paisiblement endormie dans l’une des autres pièces. Andrew avait tiré un grand bénéfice de ces semaines passées avec elle et vers la fin, il en était même arrivé à l’éventualité de développer son propre petit projet personnel.

 

Cette brève accalmie avait préparé Andrew à l’agitation des semaines à venir, le défilé permanent de résidents et de leurs inquiétudes, ainsi que l’accumulation toujours croissante de nouvelles productions dans la cave de l’atelier qui n’était pas si vaste. C’était au beau milieu de cette angoisse, qu’avec un certain soulagement, Andrew avait fait la connaissance de Nelson. Il se balançait devant lui, depuis un moment, avec une vénérable mais tout de même assez drôle de tête pour un enfant, et quand il avait invité Andrew à s’asseoir avec lui dans la région de leur commune désuétude, il faisait à vrai dire beaucoup plus que son âge. Cette petite personne était un compatriote philosophe et logicien, du nom de Goodman, Nelson Goodman. Il était venu là avec sa mère qui participait à la résidence, mais il commençait à s’ennuyer. Andrew lui racontait alors comment il avait vécu les semaines qui s’étaient déjà écoulées et lui avouait la confusion de sa présence au sein de la résidence. Mais ils avaient aussi et surtout discuté de la nature de l’embarras et du mécontentement de certains artistes, qui pouvait aller de l’obstination à la rancœur ou de la méfiance à la parano. Andrew comprenait soudain. Ce que ces artistes cherchaient et ne trouvaient pas, ou plutôt ne retrouvaient plus, c’était tout simplement leur propre style. Habitués qu’ils étaient à en établir les lois, ce style qu’ils pratiquaient sans forcément le cerner, se trouvait ici devoir être défini ou redéfini. Et il n’y avait pas plus délicat que de définir un style, à l’inverse d’une intention ou d’une démarche, mais rien encore en comparaison de devoir définir le sien propre. Nelson à ce propos lui avait alors confié sa théorie sur l’accroissement de la compréhension. « Moins un style était accessible à notre approche », lui avait-il expliqué, « plus nous étions forcés de nous y ajuster, et c’était en y gagnant en pénétration que nos capacités à découvrir se développaient encore »1. Un ajustement et un accroissement productif de notre capacité à découvrir, à se découvrir.

 

Andrew avisait maintenant l’objet qu’il avait réalisé et les circonstances de son apparition. Il était captivé par l’autonomie de sa présence. L’objet excédait toutes ses intentions et lui renvoyait l’aura de sa propre dynamique. Sans doute l’objet ne l’exprimait pas, lui, Andrew, mais il se pouvait bien qu’il lui ressemble. Et Andrew ? Lui-même n’exprime pas l’ensemble de ce projet mais comme lui, sans doute, il est fait de ses découvertes, de ses trouvailles et de son ressaisissement 2.

 

 

 

 

1. Nelson Goodman et Catherine Elgin, Esthétique et connaissance. Pour changer de sujet, Paris,Éditions de l’éclat, collection Tiré à part, 2001.

2. Référence à la conclusion de Du style comme pratique, par Laurent Jenny paru dans la revue Littérature, n° 118, Paris,Édition Armand Colin, juin 2000.

 

 

ENGLISH VERSION

Finding a not too dusty corner, Andrew had put down his bags and undressed. The people around him were busy and no one had noticed when he took a quick stroll, naked, through the studio. And there he was now in his birthday suit, leaning on one of the workbenches where a bearded man in the chubby guru mould, looking pissed-off – but in a manly way – because things weren’t going as they should, was shaping a clay dice box and a pair of dice with a mat to roll them on. Andrew was a model, he explained; he didn’t know if people had heard him say so when he arrived, but whatever, everybody knew it now, right? Then he’d laughed and dropped the little length of clay he’d been kneading unconsciously and it had rolled off under another table, between the legs of a big guy engaged in turning out a castle with no door. Elsewhere in the room a tall, Nordic-looking blonde was modelling the body of a pregnant woman with a snake coiled around her, a man was silently putting together a set of commedia dell’arte masks and in a corner a woman in dominatrix gear was working on a little tree trunk. Andrew had moved up closer to her. Sitting on a stool and twirling bits of different-coloured clay between his fingers, he told her how puzzled he was. What did this pair of artists want from them? And why had he been invited if nobody needed him? Some kind of misunderstanding? His book had been reasonably successful, his website was working okay – you just key in art model andrew and there he is – but that didn’t explain why they had got him to come here. Trying to take advantage of his reputation, maybe? He remembers that as he’d been saying all this, he succeeded in getting a nice gradation between the green and white clay, and he was pretty happy about that.

Each morning he stripped off, not that anyone took any notice, and unasked, tried out a few mechanical, outdated poses, as if to summon up some pointless inspiration or other. The rest of the time he fiddled aimlessly with bits of leftover clay, trying out the assemblage techniques he’d seen around him. He’d deduced that some of these people worked together, while others shared the same hobby or some cultural activity outside the studio. This meant, it seemed, that some groups approached ceramics from an introspective or symbolic point of view, whereas others were more into exploring the properties of their material through the making of everyday objects: but objects that were not actually utilitarian, even though this was what ceramics was mainly about; they were deliberately out of proportion – too big or too small – which made them look more like images or souvenirs. The day of the parks and gardens group, Andrew had decided to stretch out in a pose he found really comfortable; so comfortable, in fact, that without realising it he drifted off into a deep sleep. He had slept so long that he even remembered having dreamed he was in Switzerland, on a terrace somewhere near Lake Geneva, where he painted landscape after pathetic landscape. He wasn’t painting alone, either. There were three of them working together: himself, except that he wasn’t Andrew, he was called Marcel Ordinaire; another guy called Chérubino Pata; and a third, who was none other than the famous painter Gustave Courbet and was so overweight he looked like nothing so much as a barrel. All three of them painted in an absolutely identical fashion. Further into the dream he was no longer on the terrace, but in a cellar; there was talk of the imminent arrival of tax inspectors and so they began to stuff one of the three vats in the cellar with paintings, 140 of them. The inspectors arrived and checked the place out, and were then invited to open the tap on the vat. What a divine surprise when out spurted one of the best of the local brews! Delighted with this welcome, the inspectors went away with nothing to complain about. The little band had cunningly attached the tap to a pipe leading to a smaller keg.

Then it had been the turn of the artists, in small groups but no less amateurish than the others when it came to ceramics: it was the first try for everybody. Naturally Andrew had given them the usual chit-chat, but quickly realised they had no more need of him than the others. Under normal working circumstances he said nothing, he was as silent as a statue (so to speak), but here – as he chattered on he spotted from a distance a fresh sack of clay – but here the instructions were vague; he explained this as he leaned on the shoulder of an imperturbable young lady busy cutting up big bits of cardboard she was going to use for a model of a kiln. Without waiting for any information on the meaning of a project that was tautological, to say the least, Andrew had already made his way to the other end of the studio; still naked, he continued his monologue right under nose of a grubby, fidgety woman artist who was working with very wet clay she had mixed with cotton and which, with Andrew’s help, was now trying to stuff into kinds of ragged straw hats then into a an old pair of pink espadrilles. As he helped her load her last lump of malformed mud onto a golf cart, Andrew recalled a caricature he’d seen in a book called Die Entstehung aus dem Urschlamm – The Appearance of Life out of the Primeval Slime – dating from 1829 or 1830, he couldn’t remember. He told the begrimed artist about it. It was a portrait by the sculptor Johann Christian Lotsch of his circle of artist friends. You had to imagine five antediluvian creatures – Andrew hunched down, mimicking primitive, toadlike beings as he pretended to be covered first with hair then with a kind of tortoise shell. His creatures had human heads – he pulled a hideous face – and were the art celebrities of the time: they included the painter Turner, and were squatting on their backsides in a puddle. Naturphilosophie was very much in vogue just then, and the joke hinged on the wordplay between Urschleim, the appearance of life out of an originary jelly, and Urschlamm, primeval slime. Andrew had got to his feet, dusting himself down: there was a bit of that slime here, don’t you think? The artist, who had finished her kind of mud-mummy, was washing her hands and arms and all the rest. The caricature, he was on the point of adding, was intended as a humorous celebration of this little circle by endowing it with long life and extraordinary fertility; but all of a sudden he heard the door slam, and the artist was gone. He spent the rest of the day holed up with a bit of the fresh clay that he hadn’t fiddled with yet.

The next three weeks had been very calm and easy. This partly had to do with the presence of a woman artist blessed with relaxant qualities which Andrew, a believer in signs, took as a kindly, generous gift of nature: nature was thanking him for his courage and endurance and giving him the strength to continue the residency. The regenerative artist was working on a kind of allegory of herself, as the new Andrew – enlightened, relaxed and beset by various intellectual revelations – had pointed out to her: a small, rugged rock, a sensor and transmitter of cosmic energy that Chinese scholars habitually kept in their studies to help them meditate, reflect or create.

Sometimes Andrew felt that the studio was vacant. Then he would finish a protracted sentence and, looking up from his fiddling or his pose, would see that the artist had disappeared. Only the numerous, still fresh little lumps of clay she left as she worked assured him that she really, tangibly existed. Later he would find her sleeping peacefully in one of the other rooms. Andrew had got a lot out of these last weeks spent with her, and towards the end he had even come to think about working on a little project of his own.

This brief lull had prepared him for the feverishness of the weeks to come, the full-time procession of resident artists and their worries, together with the ever-increasing accumulation of new works in the studio cellar, which wasn’t all that big. It was right in the midst of all this anxiety that Andrew found a touch of relief in making the acquaintance of Nelson. He’d been hesitating in front of Andrew for some time; for a child he had a funny-looking, strangely old head, and when he asked Andrew to sit with him in the midst of their shared obsolescence, he certainly looked much older than his years. This small person was a compatriot, a philosopher and logician whose name was Goodman, Nelson Goodman. He had come with his mother, who was in residence, but he was starting to feel bored. Andrew told him how he had made out in the weeks gone by and admitted the discomfiture caused by his presence during the residency. But they had also, and mainly, talked about the embarrassment and discontentedness of some of the artists, which could take forms ranging from obstinacy to rancour or from mistrust to paranoia. Suddenly Andrew caught on. What these artists were looking for and couldn’t find – or rather could no longer find – was quite simply their own style. They were used to laying down its laws, but here the style they habitually practised but didn’t necessarily formulate had to be defined, or redefined. And there was nothing trickier than defining a style, in contrast with an intention or an approach; and nothing trickier still than having to define your own style. Then Nelson had outlined to him his theory of the growth of understanding: « The less accessible a style is to our approach and the more adjustment we are forced to make, the more insight we gain and the more our powers of discovery are developed. »(1) An adjustment and a productive increase in our powers of discovery, and of self-discovery.

Now Andrew homed in on the object he had created and the circumstances of its appearance. He was captivated by its presence. Surpassing all his intentions, it reflected the aura of his own dynamic. It probably did not express him – Andrew – but it was quite possible that it resembled him. And Andrew himself? He personally does not express this project as a whole, but like it, no doubt, he is made up of his discoveries, his lucky finds and his newfound self-possession.2

 

 

1. Nelson Goodman, Ways of Worldmaking (Indianapolis: Hackett, 1978), p. 40.

2. A reference to the conclusion of Laurent Jenny’s « Du style comme pratique », in Littérature, no. 118 (Paris: Armand Colin, June 2000). 

 

IMG_1362 IMG_1363 IMG_1364 IMG_1365 IMG_1366 IMG_1367 IMG_1368

 

 

Alexandre & Florentine Lamarche-Ovize et leurs invités


Pierre-Olivier Arnaud, Cédric Alby, Marie-Charlotte Chevalier et Benjamin Hochart, Guillaume Constantin, Aurélie Godard, Emmanuelle Lainé, Juliette Maï, Nicolas Momein, Lætitia Paviani, Bettina Samson, Maxime Thieffine, Julien Tibéri, Céline Vaché-Oliviéri, Marie Voignier et Vassilis Salpistis
Ainsi que Florence Marqueyrol (chargée des publics à La Galerie), Alexandra Allion, Claudia Amaral, Josselyne Darroux, Stéphane Dauchez, Jean-Philippe Dejussieu, Aurélie Ducoloner-Déduit, Élisabeth Dupont, Emmanuelle Fingonnet, Leïla Gaillard, Philippe Malthet, Marie‑Arlette Matisse, Mirna Martinez-Griffet, Christiane Matuszak, Marie-Anne Zinzindohoué (Conservatoire municipal agréé de musique et de danse deNoisy-le-Sec), Catherine Cagnet, Jean-Claude Thioux et Franck Ligier (Service des espaces verts de Noisy-le-Sec), des participantes aux ateliers socio-linguistiques du Centre social du Londeau de la ville de Noisy–le-Sec et Erwan Bineau, Saadia Courtillat, Yves Houllier, Céline Laneres, Stéphanie Richard, Assia Saci, Jean-François Thiriot (association Fortuna, création de spectacles d’évocations historiques de Noisy-le-Grand).